Le vin de messe

Auteur :Gérard Chaussée



En ce petit matin du 10 octobre 1859, Alphonse Lamarque de Plaisance, le maire d'Arcachon avait la mine des mauvais jours malgrĂ© l'accomplissement d'un rĂŞve qui allait se rĂ©aliser : la visite de l'Empereur NapolĂ©on III accompagnĂ© de l'impĂ©ratrice Eugenie et du prince impĂ©rial âgĂ© de trois ans.

L'empereur avait enfin rĂ©pondu favorablement Ă  la troisième « adresse Â» votĂ©e par le conseil municipal au mois de juillet 1859 pour honorer de sa visite « une ville naissante, qui s'Ă©levait auprès d'une chapelle antique et qui marchait Ă  pas de gĂ©ant dans la voie du progrès. Â».

         

  La tempĂŞte a soufflĂ© toute la nuit, mettant Ă  mal tout le programme des festivitĂ©s prĂ©vues pour que ces illustres hĂ´tes reçoivent un accueil inoubliable de la part d'une population modeste mais si fière de la visite de ses souverains.

Devant la jetĂ©e d'Eyrac plus de six cents embarcations richement dĂ©corĂ©es de drapeaux et de fleurs jaunes avaient dues baisser pavillons n'ayant plus Ă  escorter l'aviso Ă  vapeur « Australie Â» de la marine impĂ©riale, prĂ©vu pour embarquer les personnalitĂ©s dans une grandiose parade navale. Maigre consolation, tous ces marins venus de tous les villages du Bassin ne risqueront pas un naufrage collectif comme leurs 78 congĂ©nères noyĂ©s au cours du Grand Malheur en 1836 dans des conditions mĂ©tĂ©orologiques aussi cataclysmiques.

 Lamarque de Plaisance prit la dĂ©cision qui s’imposait, au grand dam d'une population en liesse venue fĂŞter cette visite prestigieuse dans une commune qui ne comptait que quelques centaines de citoyens.

Étant donné le peu de temps imparti, il décida de privilégier des lieux abrités qui n'avaient pas été retenus dans le programme initial.

Ainsi la visite de la chapelle des Marins qui avait été supprimée au grand désarroi de l'abbé Mouls, fut reprogrammée à la hâte, ce qui était déjà une première victoire grâce à l'aide des cieux, dans cette journée qui se révélera aussi bénie des dieux par la suite pour ce curé emblématique.

 Alphonse Lamarque, qui Ă©tait Ă  l'Ă©poque maire de La Teste et Xavier Mouls, curĂ© de Cazaux, un village du canton, s'Ă©taient liĂ©s d'amitiĂ© lorsque ce dernier avait rebâti dans l'annĂ©e 1849 avec l'aide de ses fidèles, une Ă©glise en rĂ©cupĂ©rant les ruines d'une chapelle abandonnĂ©e

Sa proximité avec le maire pouvait également expliquer l'absolution accordée par le curé pour son péché de trahison envers la population testerine lorsqu'il l'avait quittée sans états d'âme au profit de celle d’Arcachon. Sans parler du concubinage notoire qu'entretenait l'édile avec sa cuisinière Antoinette Marie Ravard.

 Avec le temps exĂ©crable plus vite seront Ă©vacuĂ©es les festivitĂ©s, plus vite Lamarque de Plaisance pourra s'entretenir avec l'empereur pour lui prĂ©senter les nombreux projets qu'il ambitionnait pour sa ville.

Il n’était pas seul dans cette dĂ©marche car il Ă©tait entourĂ© d'un quarteron de « parrains « ayant chacun une proximitĂ© particulièrement intĂ©ressĂ©e auprès des gouvernants.

En premier lieu Émile et Isaac Pereire banquiers parisiens fondateurs de la banque du CrĂ©dit Immobilier ;puis le clergĂ© aquitain sous la fĂ©rule du cardinal Donnet le bâtisseur d'Ă©glises ; sans oublier la sociĂ©tĂ© mĂ©dicale rĂ©gionale en pointe sur les recherches respiratoires et les bienfaits des bains de mer. Cela faisait de nombreux atouts pour les multiples projets en vue de dĂ©velopper une ville naissante.

    Ă€ 13H45 le train arriva dans la gare d'Arcachon, magnifiquement dĂ©corĂ©e de pourpre et d'or. Les souverains accueillis par les vivats d'une foule nombreuse, copieusement arrosĂ©e par le dĂ©luge qui n'avait pas cessĂ© depuis le petit matin.

Un petit Arc de triomphe au bout de l'esplanade n'avait pas résisté aux bourrasques et fut bien vite piétiné par la liesse populaire.

Alphonse Lamarque de Plaisance dans un discours fédérateur en citant les municipalités voisines La Teste, Audenge, Andernos fit le bonheur de tout le canton et le délice de sa majesté devant tant de fraternité.

Mais il provoqua Ă©galement de la dĂ©ception en annonçant un programme totalement chamboulĂ©.La prochaine Ă©tape prĂ©vue Ă  la chapelle des marins ne pourra accueillir qu'une une petite centaine de paroissiens dans des conditions d 'abri prĂ©caire mais avec l'abbĂ© Mouls en maĂ®tre de cĂ©rĂ©monies.

 L'impĂ©ratrice EugĂ©nie magnifiquement vĂŞtue d'une robe printanière Ă  jupons et manches courtes avait pour manteau une vaste cape de velours cĂ©dĂ©e en dĂ©pannage par la comtesse de La BĂ©doyère une de ses dames de compagnie. La comtesse avait omis de faire suivre des vĂŞtements plus adaptĂ©s aux conditions climatiques dans cette journĂ©e apocalyptique, les vĂŞtements de l'impĂ©ratrice Ă©tant restĂ©s en gare de Lamothe dans le train impĂ©rial.

 Juste le temps d'une danse des Ă©chassiers landais sur l'esplanade de la gare et le convoi se mit en route vers la chapelle des marins dans une voiture fermĂ©e, tirĂ©e par 4 chevaux blancs, direction la modeste chapelle dont le chantier attenant de la future Ă©glise Notre Dame n'avait pas Ă©tĂ© sĂ©curisĂ©.

Quatre employés municipaux dépêchés avec le dais en velours, qui avait déjà servi pour l'accueil des visiteurs à leur arrivée en gare d’Arcachon, vont se positionner sur le parvis de la chapelle des marins sous une pluie toujours battante.

L'abbé Mouls se félicitait d'avoir insisté pour que l'orphéon de la Bastide soit présent avec la fanfare de Bordeaux. Au moins ils ne seraient pas venus pour rien puisqu'à défaut d'un office religieux, le curé improvisa une bénédiction de la vierge en albâtre, celle que le moine Thomas Illyricus avait miraculeusement trouvé sur la plage du Bernet en 1519 du temps ce lieu s'appelait Arquançon.

On dit que le couple impérial apprécia beaucoup cet intermède dans cette petite chapelle garnie d'ex voto, où l'orphéon joua un Te Deum et un Domine Salvum de haute tenue.

Mais les choses se gâtèrent au sortir de la chapelle quand l'impĂ©ratrice brisa un talon de sa bottine dans une faille causĂ©e par les travaux de construction de la future Ă©glise. Un chantier qui s'achèvera trois ans plus tard par l'inauguration de l'Ă©glise Notre-Dame, Ă©glise ensuite consacrĂ©e Basilique Notre-Dame d'Arcachon presque un siècle plus tard.

Cependant les dĂ©boires de l'impĂ©ratrice ne s'arrĂŞtèrent pas lĂ . Au moment de saluer la foule sous le dais de velours largement arrosĂ© par les bourrasques, alors que les trompettes de la fanfare de Bordeaux entonnent un Gloria, un des employĂ©s municipaux pris d'un malaise, s'effondra sur le sol lâchant la hampe soutenant la toile gorgĂ©e d'eau. Par un malencontreux hasard l'impĂ©ratrice Eugenie se retrouva ainsi douchĂ©e Ă  l'insu de son plein grĂ©. 

   Pas de temps Ă  perdre, le couple impĂ©rial est rapidement exfiltrĂ© vers la villa de la marĂ©chale de Saint Arnaud qui par chance est Ă  quelques centaines de mètres en bas de l'allĂ©e de la Chapelle.  Villa qui sera baptisĂ©e L'Alma en souvenir de la bataille victorieuse du mĂŞme nom lors de la guerre de CrimĂ©e. Une victoire qui fera la gloire posthume du marĂ©chal, commandant du Bataillon français qui malheureusement dĂ©cèdera non pas sur le champ de bataille mais atteint du cholĂ©ra pendant le voyage du retour.

Sa veuve qui s'est retirée à Arcachon restera toujours une proche fidèle de l'empereur.

Très vite toute cette assemblée se retrouve à l'abri dans la grande véranda de cette maison cossue, avec vue sur le Bassin flanquée de la jetée des marins sur son tribord.

   Un buffet a Ă©tĂ© dressĂ© sur la grande table du salon, buffet frugal pour l'Ă©poque Ă  la demande des autoritĂ©s car les voyages en train s'ils ouvrent l’appĂ©tit, ne facilitent pas la digestion Ă  cause du relatif inconfort des voitures et des vibrations intempestives des machines.

MalgrĂ© tout les tables sont copieusement garnies de nourritures mettant en avant des produits locaux et rĂ©gionaux ; ainsi un gĂ©nĂ©reux plateau d'huitres Ă©levĂ©es dans un parc situĂ© sur le banc face Ă  l'estey d'Afrique. Ce sera l'occasion de faire dĂ©couvrir au couple impĂ©rial l'intĂ©rĂŞt de cette activitĂ© d'Ă©levage de mollusques marins importĂ©s du Japon.                         L'ostrĂ©iculture qui sera un dĂ©bouchĂ© d'avenir pour le Bassin avec des coquillages venus du Portugal, cette fois.

À côté de ces victuailles à saveur iodée, des pâtés de faisans et de sangliers chassés dans les forêts des Landes sont là pour apaiser les appétits les plus aiguisés.


Mais à cette heure où la tempête n'a toujours pas cessé, c'est une assemblée frigorifiée qui réclame avant tout une boisson chaude à même de réchauffer les corps et les cœurs.

C'est le moment de faire appel aux hommes de sciences qui ont la connaissance pour faire remonter de plusieurs degrés la température dans tous ces corps engourdis par le froid.

Le docteur Gustave Hameau, par ailleurs maire de La Teste, spécialiste reconnu des bronchiteux et des phtisiques, est appelé à la rescousse pour donner un avis médical afin de remettre dans le confort les personnalités présentes. L'empereur Napoléon III ayant à ses côtés son médecin personnel, le docteur Barthez, celui-ci pourra avaliser la prescription de son confrère testerin.

Toute affaire cessante il va falloir préparer pour tout cet aréopage un bon vin chaud mais pas n'importe quel vin, le vin chaud de La Montagnette.

 Les seuls dĂ©positaires de la formule originale sont l'abbĂ© Xavier Mouls et son sacristain Antonin.

Ce vin chaud doit absolument réunir tous les ingrédients que seule La Montagnette recèle dans ses forêts...

Gustave Hameau a déjà fait l'expérimentation de cette boisson avec de très bons résultats dans les maisons de cure qui accueillent les nombreux malades atteints d'insuffisances respiratoires. Le vin chaud fait partie du traitement à la satisfaction des phtisiques et des tuberculeux.

 Une grande bassine de cuivre est installĂ©e dans la cuisine tandis qu'Antonin est remontĂ© vers la sacristie pour ramener les produits nĂ©cessaires Ă  la prĂ©paration du vin chaud salvateur.

En attendant le retour des ingrĂ©dients pour la mixture miracle, les docteurs Hameau et Barthez sont appelĂ©s au chevet l'impĂ©ratrice en Ă©tat d'hypothermie avancĂ©e. CloitrĂ©e dans les appartements de la marĂ©chale, entièrement trempĂ©e et au bord du dĂ©sespoir, elle est secouĂ©e par des tremblements que mĂŞme une couverture se rĂ©vèle inefficace pour la rĂ©chauffer un tant soit peu.

Le docteur Hameau dĂ©cide qu'il faut que sa majestĂ© change au plus vite sa robe trop humide ainsi que ses jupons et qu'il lui faut Ă´ter ses chaussures abimĂ©es et trempĂ©es.                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 Avant de mettre des vĂŞtements secs, il est urgent que l'on pratique une friction Ă©nergique sur le corps frigorifiĂ© de l'impĂ©ratrice.

Sa dame de compagnie est chargée de l'opération avec l'huile de l'Abbé Perdrigeon, onguent également préparé par un ecclésiastique, à base de camphre et de menthe poivrée réputé pour ses vertus thermogènes et calorifères.

 La marĂ©chale de Saint Arnaud met immĂ©diatement sa garde-robe Ă  disposition de l'impĂ©ratrice en proposant un modèle en velours rouge portĂ© le jour oĂą feu son Ă©poux avait reçu l'investiture de ministre des armĂ©es au mois de dĂ©cembre 1852. C'est dire si elle avait un attachement particulier Ă  cette toilette qui lui rappelait tant de souvenirs.

Pour ce qui est des chaussures, ces dames se trouvaient dans l'embarras car l'impératrice chaussait du 42. Par bonheur on trouva des bottines de cette taille auprès de la maîtresse du maire Lamarque de Plaisance qui était pourvue de pieds d'un gabarit très généreux. Cela combla d'aise ce cher Alphonse qui voyait ainsi sa concubine aussi gracieuse que l'impératrice.

Xavier Mouls avait bien recommandé à son sacristain de rapporter le tonnelet offert par un fidèle de la messe dominicale qui était viticulteur à Saint Émilion, L'empereur méritait bien le meilleur des vins de messe pour une journée qui devait rester inoubliable.

Tandis que le curé et le sacristain s'affairaient en cuisine, l'empereur était pris d'assaut par toutes les personnalités conviées.


Tour à tour interviennent le vicomte Paul Édouard de Mentque accompagné par les ingénieurs Droeling, Arman et Travot pour présenter à Napoléon III le projet de port de refuge déjà envisagé à l'époque de Vauban. Derrière les vitres de la véranda avec l'horizon bouché, l'empereur avait beaucoup de mal à imaginer la faisabilité de cette entreprise.

Puis intervient Émile Pereire le financier prêt à investir pour rendre cette ville attractive depuis que le train arrive jusqu'ici. La Compagnie du Midi et la banque du Crédit Immobilier présidées par son frère Isaac et lui-même ont la volonté de faire de ce village, une cité balnéaire de renommée avec un savoir-faire reconnu depuis l'aménagement de la plaine Monceau et des travaux sur les Grands Boulevards à Paris sous la conduite du baron Haussmann.

Pour apporter une caution scientifique à ce projet de station balnéaire, le docteur Gustave Hameau vante à l'entourage les bienfaits à la fois des bains de mer et des séjours sous les pins pour tous les insuffisants pulmonaires et les asthmatiques, comme le confirme Émile Pereire qui souffrant de cette maladie, apprécie beaucoup l'air du Bassin.

Enfin le plus passionnĂ© dans ces Ă©changes est Ă©videmment Alphonse Lamarque de Plaisance, le maire qui dès le premier jour du dĂ©cret impĂ©rial du 2 mai 1857 avait fait Ă©crire sur le blason de la ville : « Hier Solitude, Aujourd'hui Bourg, Demain CitĂ© Â».

Et pour qu'Arcachon devienne une cité, il lui faut une église, une église remplie de fidèles, des pauvres et des riches charmés par les sermons d'un curé plein d'empathie et de créativité.


C'est alors que l'abbé Mouls ressortant des cuisines, propose aux personnalités présentes de venir partager le vin chaud préparé sur les recommandations du docteur Gustave Hameau.

L'empereur fut le premier servi. Avant de boire ce précieux breuvage brulant, l'abbé conseille à sa majesté d'inhaler longuement les vapeurs balsamiques qui se dégagent en embaumant l'atmosphère. Elles feront office de fumigations pour dégager les bronches et les sinus de l'empereur avant qu'il ne boive par petites gorgées cette boisson très chaude aux goûts boisés et sucrés.

Le vin fit office d'un appel calorifique supplémentaire, renforcé par son degré alcoolique élevé.

Après une approche méfiante, les autres convives séduits par ce mélange de saveurs s'apprivoisent très vite et vident prestement leurs tasses copieusement remplies.

Rapidement une sensation de bien être accompagnée d'une bouffée de chaleur intense font que toute l'assemblée réclame une deuxième tournée.

L'abbĂ© ravi de son effet et devant l'unanimitĂ© des consommateurs annonce fièrement :

« MajestĂ©, cette recette apprise de mes parents originaires de l'Aveyron a Ă©tĂ© reformulĂ©e par le docteur Gustave Hameau ici prĂ©sent et va faire l'objet d'une publication scientifique Ă  la facultĂ© de mĂ©decine de Bordeaux. Ce vin chaud que j'appelais mon Vin de Messe, s'appellera dĂ©sormais : le vin de La Montagnette.

Outre le fait que le vin utilisĂ© est un grand cru de Saint Émilion, du château La Grâce Dieu, un grand cru produit par un de mes paroissiens, les ingrĂ©dients ajoutĂ©s dans ce dĂ©licieux breuvage sont tous des produits de nos forĂŞts.                                                                                                              

Des baies de genièvre, du thym, du romarin, un bouquet de bruyère, des aiguilles de pin encore vertes avec une belle pomme de pin. Ajoutez quelques gouttes de rĂ©sine, un demi litre de liqueur de prunelles et un pot de miel produit par les ruches de nos airials, plus un pater et deux avĂ©s, c'est avec tous mes respects, que j'espère avoir Ă©vitĂ© Ă  votre majestĂ© un refroidissement qui aurait Ă©tĂ© bien mal venu en ce jour oĂą la population d'Arcachon vous a tĂ©moignĂ© tant de chaleur Â».

L'empereur charmĂ© propose de lever son verre pour une troisième tournĂ©e de ce vin de messe, avec d'autant plus de plaisir que l'impĂ©ratrice rĂ©apparaĂ®t accompagnĂ©e du prince hĂ©ritier.   Elle est très belle dans cette robe rouge, assortie au rouge de ses pommettes, dĂ©montrant ainsi que la friction avait fait son effet en lui rendant ses belles couleurs du dĂ©but de journĂ©e...

Le vin de La Montagnette avec des résultats au-delà des espérances, l'ambiance se transforma rapidement en une euphorie générale.

L'empereur pressĂ© par le temps remercia l'abbĂ© Mouls devant une assistance bĂ©ate et annonça publiquement qu'il dĂ©cernait la lĂ©gion d'honneur Ă  l'abbĂ©, ce que le marĂ©chal PĂ©lissier grand chancelier de la LĂ©gion d'Honneur prĂ©sent Ă  ses cĂ´tĂ©s omit de retransmettre Ă  la chancellerie. Peut-ĂŞtre le marĂ©chal n'avait-il plus toutes ses facultĂ©s Ă  ce moment prĂ©cis.                                     

Cela obligera l'abbĂ© Mouls Ă  rĂ©clamer sa croix de chevalier quelques mois plus tard car il avait Ă©tĂ© « oubliĂ© Â» et l'empereur l'ayant dĂ©corĂ© verbalement, on justifiera cet « oubli Â» par une inversion dans la liste des promus.

La ville d'Arcachon et son curé furent également gratifiés de l'attribution d'un don de dix mille francs pour terminer la construction de l'église qui manquait cruellement de subsides et d'un don de mille francs pour la Société de secours mutuel qui avait pour objectif de venir en aide aux pauvres, société créée également par cet abbé omniprésent.


N'en jetez plus malgré cette fâcheuse tempête, Alphonse Lamarque de Plaisance et son curé avaient réussi à faire de cette visite de deux heures, une réussite pour que le bourg d'Arcachon d'aujourd'hui devienne la cité demain.

Le couple impérial repartit sous les vivats de la foule qui avait bravé les intempéries pour faire de cette journée un vrai moment d'histoire.


Le journaliste Charles Louis Livet du Moniteur Universel qui faisait partie de la dĂ©lĂ©gation officielle, rapporta dans la Petite Gironde, que l'ambiance fut fort joyeuse jusqu'Ă  Bordeaux dans le wagon impĂ©rial avec des rires et des chansons qui avaient pour refrain :

    

                                   

Le vin de la Montagnette

Se boit les jours de tempĂŞte

Si devenez un peu pompette

Gare au breuvage de l'abbé

Habile pour vous enflammer

                                 

                         


                                                                                                                                                

                                   

                                                                                                                                     

                                                                                                                               

                                   

                       

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